Gravité humaine par Gérard Xuriguera

Gérard XURIGUERA

Si Rena Tzolakis travaille sur les apparences, elle ne les convoque que pour en rendre la quintessence, la fibre secrète, les atours cachés, estompant leurs configurations dans les filets d’une trame mouvante, tissant un voile de brume savamment distillé, qui nous donnent la mesure de son infini. En transgressant le fonctionnement convenu de l’image, par évacuation des conventions de l’anecdote, elle réduit ses thèmes à leur géographie essentielle, à leur trace texturielle, épurant ses thèmes jusqu’à une sorte d’immatérialité.

Ce qui l’attache n’est pas la netteté du représenté, mais son interprétation allusive, sans déformation cependant, inlassablement conduite en des territoires incertains, semés d’inconnu, où le frémissement des éléments naturels s’accorde au flux de la mémoire.

La trajectoire de Rena Tzolakis, ses contrastes d’ombre et de lumière, ses échappées en amont et en aval, ses ondulations fragiles et tremblées, comme couchées par la brise, témoignent d’une osmose intime avec la nature mais également d’une humilité qui lui confèrent son charme subtil et son « humaine gravité ».

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