Double plaisir par Gilbert Lascault

Double plaisir

Il vous faut effectuer un double travail et vous éprouverez un double plaisir. Lentement, vous lirez les textes de la Grèce antique et, en même temps, avec une attention rigoureuse, vous regarderez les aquarelles, les lithographies, les gravures de Rena Tzolakis. Les poèmes grecs (que fascinent la terre, la nuit, la tempête, les fleuves, les étoiles, le printemps) prennent force nouvelle face aux figures de Rena Tzolakis, ils révèlent aussi le fonctionnement de ces hachures, de ces éclats de lumière, de ces réseaux, de ces couleurs (qui n’ont nul besoin de hurler pour affirmer leur intensité). De manière obstinée Rena Tzolakis ne cesse de remplir de multiples cahiers, d’expérimenter de nouvelles techniques pour traduire, avec toujours plus d’immédiateté, toujours plus de fraîcheur, ses sensations face à la nature. Elle multiplie ses expériences afin de figurer les forces naturelles, les grands et minuscules chaos et le apaisements. Sa technique ne se développe que pour s’effacer. Elle désire que surgissent sur le papier, les spontanéités de la nuit, de la lumière, les rêves des plantes et les passions des minéraux.

Gilbert Lascault
texte écrit à l’occasion de l’exposition personnelle (1971) de Rena Tzolakis
à la Galerie Anne Colin, 58 rue Mazarine, 75006 Paris

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